Gaia-X, 10 ans trop tard?



Scaleway a donc claqué la porte du projet Gaia-X "Je n'ai plus de temps à perdre avec un projet gangrené de l'intérieur par les Gafam" - Yann Lechelle, CEO de Scaleway.

Si le projet de départ n’était pas dénué de bon sens il ne devenait plus réellement viable dès lors que Google, Microsoft, Salesforce, Alibaba Huawei, Haier - pour ne citer qu’eux - devenaient membres de Gaia-X . Il devenait ainsi difficile d'assurer une quelconque souveraineté en invitant à la table des discussions des entreprises étrangères dont on connaît les pratiques. D’un côté on nous explique que les grands opérateurs Télécoms européens : Orange, Telecom Italia, Deutsche Telekom, et Telefonica ont écarté Huawei en obéissant à des recommandations gouvernementales et de l’autre on permet à Huawei d’être membre Gaia-X. Un non-sens absolu!

En réalité, jamais la l'Europe et la France n'ont voulu/su/pu s'affranchir des entreprises étrangères. Lors de la grand-messe qui du 17 mai 2021 le gouvernement dévoilait sa stratégie en matière de cloud et annonçait que la France aurait recours à des sous-licences de technologies américaines ceci afin de contourner les lois extraterritoriales américaines qui autorisent les autorités américaines à réclamer les données récoltées par leurs entreprises à l'intérieur comme à l'extérieur des Etats-Unis. Car, comme je l'ai déjà expliqué à plusieurs reprises, toute donnée détenue sur le sol américain ou par une entreprise américaine, conduit à l’application du droit local impératif. Si l’idée n’est pas dénuée de sens rien ne dit que les autorités américaines ne feront pas évoluer leur législation et ne l’étendront pas au domaine des licences même si celles-ci sont opérées de bout en bout par un opérateur étranger. Si nous ne voulons pas que ces sous-licences nous exposent à un nouveau type de dépendances profitons des ces dix prochaines années pour bâtir des géants français et européens car contrairement à ce qui a été dit lors de cette présentation les américains ne sont pas meilleurs que nous, ils sont emplis de certitudes et nous de doutes.


Je l’ai écrit dès le départ le projet Gaia-X arrive 10 ans trop tard et s’est construit sur des mauvaises bases. Le France et l'Europe perdent du temps, de l’énergie et de l’argent alors qu’il y a tant à faire en Europe comme notamment accélérer le financement des entreprises qui développent des solutions Cloud d’infrastructures afin de les faire grandir et construire un écosystème puissant et viable dans le temps. A force de ne pas choisir ses combats on finit par tous les perdre. Ce cloud Européen vendu comme une initiative franco-allemande est en réalité un projet allemand que la France a rejoint, ce dernier point suffit à lui seul pour comprendre pourquoi les GAFA et les entreprises chinoises y ont une place de choix...


Posts récents

Voir tout