« Les infiltrés »

La commission d’enquête sur « l’influence croissante des cabinets de conseils privés sur les politiques publiques » ont démarré leur cycle d’auditions, le 2 décembre dernier. La question des conflits d’intérêts et la pertinence de ces prestations ont été posées et sont au cœur des auditions. Dans le livre « Les infiltrés » de Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, on apprend que les sommes versées aux cabinets de conseil par l'État oscillent entre 1,5 et 3 milliards d'euros par an. "Soit l'équivalent du budget du ministère de la Culture."


La contribution des administrations au chiffre d'affaires des cabinets en management a augmenté de manière considérable ces dernières années, si on veut être honnête François Hollande et Nicolas Sarkozy y ont également largement contribué. C'est la RGPP (révision générale des politiques publiques) qui en 2008 a permis le recours aux cabinets de conseil censés accompagnés les administrations de manière ponctuelle... Le recours à ces cabinets n’est pas en soi problématique - car toutes les administrations ne peuvent pas détenir en interne toutes les compétences - c’est le recours quasi-systématique qui pose question et les montants colossaux payés par les administrations et donc par le contribuable. Plutôt que de retirer la réflexion stratégique à la haute fonction publique pour la confier à des cabinets de conseil, l’Etat devrait accélérer la réforme de la fonction publique de l'intérieur.


Enfin et je l’ai déjà écrit, les cabinets étrangers devraient systématiquement être écartés des administrations dites "sensibles" ( Santé, Education) et touchant à la souveraineté nationale ( Défense, Interieur...). Car si les GAFAM sont des outils de smart power les influentes firmes de conseil américaines peuvent l'être aussi. Par ailleurs, je serai curieux de savoir si le Pentagone, le Trésor américain ou encore le Departement of Justice (DOJ ) travaillent avec des cabinets de conseil français...



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